Le « safeguarding officer » : un nouvel acteur contre les VSS aux Jeux Olympiques

À l’occasion des Jeux Olympiques d’hiver de de Milan-Cortina 2026, plusieurs délégations nationales ont renforcé leur dispositif de protection des athlètes en intégrant un « safeguarding officer ». Cette fonction, encore récente dans le paysage sportif international, s’inscrit dans une dynamique de prévention et de lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS), physiques ou morales, ainsi qu’aux actes de cyberharcèlement, dont les sportifs de haut niveau sont fréquemment la cible.

Le « safeguarding », un principe de protection

Dans le champ sportif, le « safeguarding » désigne un dispositif de protection reposant sur la mise en place de procédures de contrôle, de formation, de signalement et de suivi des situations de violences. Il vise à garantir un environnement sûr aux athlètes, aux encadrants, voire à la famille et aux proches des athlètes.

Un outil spécifique de lutte contre les violences sexistes et sexuelles

Concrètement, le « safeguarding officer » est chargé d’accompagner les victimes ou témoins de VSS, de les orienter dans les démarches à entreprendre et de les soutenir avant, pendant et après les compétitions.

Au-delà de la gestion des situations individuelles, le dispositif comprend également un volet préventif. Celui-ci peut comprend notamment un contrôle d’honorabilité des encadrants, des actions de formation, la diffusion d’outils pédagogiques et la sensibilisation systématique des délégations avant les grandes compétitions.

Une mise en œuvre concrète aux Jeux de Milan-Cortina

Le programme de « safeguarding » a été impulsé par le Comité International Olympique. La France l’a déployé dès les Jeux Olympiques de Paris 2024 et l’a maintenu pour l’ensemble des évènements placés sous l’égide du CIO, notamment les Jeux Olympiques de Milan-Cortina 2026. Au sein de la délégation française, une juriste spécialisée en intégrité au Comité national olympique et sportif français a exercé les fonctions de « safeguarding officer ». Aux côtés de psychologues formées à ces enjeux, elle a assuré la coordination du dispositif, la vérification des procédures en amont, le pilotage d’actions de sensibilisation et l’affichage des contacts utiles pour effectuer un signalement.

Le CIO a par ailleurs développé des outils comme les « mind zones », des espaces permettant aux athlètes de s’isoler, d’échanger en toute confidentialité ou de solliciter un accompagnement. 

En matière de cyberharcèlement, un système de filtrage reposant sur l’intelligence artificielle a permis de supprimer automatiquement les messages violents adressés aux athlètes sur les réseaux sociaux, limitant ainsi leur exposition directe aux contenus abusifs.

Dans un contexte où la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans le sport est devenue indispensable, le « safeguarding officer » semble permettre de structurer et renforcer les dispositifs existants. Présent à la fois en amont, dans une logique de prévention et de sensibilisation, et a posteriori, pour l’accompagnement des victimes, le dispositif propose une approche globale de protection.

L’OV3S salue le déploiement de ce dispositif et encourage les fédérations sportives françaises à s’en inspirer pour poursuivre le développement et la structuration de leurs mécanismes de lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans le sport.

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